La diagonale de Jean-Marie Hansen... une aventure surhumaine !

Publié le par Mike

Jean-Marie Hansen, finisher de la diagonale des fous nous fait l'honneur de nous faire part de ses
impressions ! Je n'en dit pas plus et lui cède humblement la "parole"...





J’ai survécu,... 1


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Tandis que les mollets bandés comme un ressort
Grimpent allègrement le dernier contrefort,

On voit tel un guerrier sur son char de victoire
Le dernier des raideurs franchir le promontoire.

Si la bouche est pâteuse avec un goût de fiel,
Le dernier hectomètre a la saveur du miel.
Dans un sursaut d'orgueil, une ultime foulée,
Dieu merci elle est là la ligne d'arrivée

                           

 

Cette envie irrépressible de se confronter à soi-même, dans le silence d’une nuit de marche,…

 

 


Prologue



Course Nature, Trail, Ultra-Trail, Raid,… Grand-Raid, Grand-Raid de La Réunion « Diagonale des fous »…
Des mythiques et précurseurs Templiers, 6000D, Grand-Raid,…plusieurs centaines de trails se sont créés ces dernières années. 

Le Trail, un état d’esprit :

- Liberté :

Liberté de courir pour profiter des paysages, des forêts, des plaines, des champs, des montagnes,…  Liberté de « courir » sans le « chrono », en autonomie.
Bien entendu qu’il y a un chrono, les barrières horaires aux PPO (Points de Passages Obligés), et un classement, mais le terrain changeant, l’itinéraire plus ou moins roulant, le dénivelé, font que l’on ne peut plus comparer les temps d’une course à l’autre même sur des distances identiques (cfr. l’inévitable comparaison entre l’Ultra Trail du Mont-Blanc et le Grand-Raid).
On est loin de mettre le même temps sur un trail de 42 km et sur un marathon.  Les temps peuvent doubler pour la même distance à cause du dénivelé ou du mauvais terrain.

On considère que 100 m de dénivelé dans une course équivalent à rajouter 1 km de distance.

- Convivialité :

Pouvoir partager ses doutes, ses craintes ses émerveillements avec ses compagnons de route.

- Ethique : 

Respect de l’environnement (pénalités en cas de jet de papiers, bouteilles,…).  Le Grand-Raid cette année n’a pas été un bon exemple de respect de l’environnement :

Sous les semelles, une piste balisée d’emballages de barres énergétiques, de gobelets et de bouteilles, de tubes énergétiques, de peaux de bananes,… »
La nature nous est offerte, elle ne nous appartient pas.

 

 

 


Edition 2007 : "l’île intense m’attend"


Cette année, Robert Chicaud (le président de l’association du Grand-Raid) nous a gâté : le parcours a été le plus corsé des différentes éditions, d’autant que les impondérables météorologiques et géologiques de l’été avaient rendu impraticable la descente de Kervegen, ce qui a conduit l’organisation à nous dévier jusqu’au refuge du piton des neiges (2470 m) ; ce qui a fait passer le parcours pour la première fois au-dessus des 150 km et 9200 m de D+.
L’itinéraire a emprunté principalement les sentiers de grande randonnée du GR (R1, R2) annoncés très techniques et cassants ; merci à l’ONF (Office National des Forêts) pour l’entretien de ces sentiers.

 

 

Comparaison entre l’UTMB et le Grand-Raid


Je ne peux m’empêcher de comparer ces deux Ultra-Raid, d’autant plus que le couple Poletti (organisateurs de l’UTMB) étaient invités pour cette édition (Michel a couru mais a abandonné sur blessure).

- L’UTMB :   58 km 8500 de D+, 2535 inscriptions, 60,5% d’abandons, 1151 finishers, terminé en 43h00 (45h00 maximum), 969èm.

- Le Grand-Raid : 150 km, 9200m de D+, 2215 inscriptions, 40,5% d’abandons, 1315 finishers, terminé en 59h00 (63h00 maximum), 1027ème

Robert Chicaud n’a pas à se tracasser de la rapide notoriété de l’UTMB.

Le Grand-Raid est de l’avis unanime plus difficile que l’UTMB ; les sentiers sont beaucoup plus techniques, « casse pattes », il y a d’innombrables marches à monter et à descendre, plus de dénivelé ; les conditions climatiques sont plus éprouvantes : chaleur et humidité (climat tropical tempéré) ; la gestion de l’hydratation et de l’alimentation est plus difficile à gérer, car on met plus de temps que prévu entre deux postes de ravitaillement ; il ne faut pas simplement tenir compte du nombre de km et du dénivelé, mais en plus et surtout de la difficulté du parcours, de la chaleur, de l’humidité et de la fatigue accumulée (gestion du temps de repos).  Il faut également tenir compte de la différence d’altitude : on passe très vite, en quelques heures, du niveau de l’océan à 2350-2400 m d’altitude.  Au volcan (crête de l’enclos), j’ai eu quelques vertiges.

 

 

 

Mon arrivée à Saint-Denis (stade de La Redoute) a dépassé de bien loin en émotion et en fatigue mon arrivée à Chamonix.



Je ne pense pas qu’il faille encore durcir l’épreuve ; elle est déjà surhumaine, ne la rendons pas inhumaine,…
Mais le Grand-Raid doit rester une course extrême qui nécessite une préparation sérieuse.
Quelques lacunes sont épinglées, surtout au niveau de l’organisation (« administratif ») :

- Longues attentes pour le retrait des dossards ;
- Cohue pour la présentation du sac ;

- Poussée de partout à la limite du piétinement lors de départ ;
- Pas d’avis tranché sur l’utilisation ou non des bâtons ;
- Assistance personnelle pour bon nombres de coureurs qui pouvaient en bénéficier par rapport aux 
   coureurs qui étaient seuls (les GSM avaient chauds) ;

- Obligation de porter le t-shirt de l’organisation (avec les sponsors) pour le départ et l’arrivée, et  
   de le transporter trempé toute l’épreuve dans le sac.

 

1315 arrivées (40,5% d’abandon, la plupart avant et à Cilaos)


Vincent Delebarre (vainqueur en 2006) jettera l’éponge cette année à la Nouvelle ;
 

L’Italien Marc Olmo (vainqueur de l’UTMB 2006, 2007) présenté comme l’un des meilleurs coureurs du monde n’a même pas vu le lever du jour, terrassé par une contracture à la cuisse avant le volcan.

 
Quelques ébauches d’explications concernant le nombre record d’abandons :

- Parcours allongé, plus de dénivelé ;
- Conditions difficiles de course jusqu’à Cilaos (mi-course), froid, terrain boueux ;
- Manque de préparation ; je me souviens après avoir quitté la base de vie de Cilaos, juste avant
   l’ascension du Col du Taibit, avoir rencontré un couple qui faisait demi-tour, je me suis inquiété de
   leur démarche, et ils m’ont simplement dit que « ce n’était pas pour eux !!! ». 

 



1 Traversée en courant de l’île de La Réunion du Sud-est au Nord : 150 km, 9200 m D+, 64h00 maxi.

Le site





A suivre...

 


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