La diagonale de Jean-Marie Hansen... une aventure surhumaine ! -2-

Publié le par Mike

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L’épreuve

 

 

Chacun construit sa propre Diagonale,…

 

 




-Mercredi 17/10, je me présente au stade de la Redoute pour récupérer mon précieux sésame, j’arrive vers 14h00, 01h30 d’avance.  Il y a déjà une vingtaine de concurrents devant moi qui attendent.  Enfin j’ai mon dossard ; subitement, un concurrent passe devant tout le monde pour prendre possession du sien, c’est Vincent Delebarre (vainqueur en 2006).

 

-Jeudi 18/10 18h18, je suis à la piscine Barachois (Saint-Denis) pour prendre le car qui va nous emmener vers Cap Méchant (Saint-Philippe) pour le départ.

Dans le car, les « novices » (dont je suis) écoutent attentivement les conseils des « anciens » qui distillent nombreux conseils entrecoupés d’une bonne gorgée de « boisson d’attente ».

Enfin vers 21h30, nous arrivons à Cap Méchant.

-21h30, grosse cohue pour présenter son sac.  2500 coureurs à faire passer par une entrée de 2 m, par paquets de 6 ou 7, pour nous diriger vers le contrôle des sacs.

La pression des coureurs est importante, on risque de se faire arracher le sac (lacunes de l’organisation et ici l’amateurisme tranche avec le professionnalisme de l’organisation de l’UTMB).

Je présente mon sac, le préposé contrôle mon matériel obligatoire et à ma grande surprise me réclame une réserve d’eau d’1,5L. alors que seule une réserve d’1L. est obligatoire et 1tube de pommade, alors que ce tube n’était pas non plus repris dans la liste de l’équipement obligatoire (bien que j’avais cette pommade dans le sac).  Finalement, je suis déclaré en ordre.

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Vendredi 19/10 00h00 Saint Philippe Cap Méchant 17m



-« Lâcher les Fous », organisation complètement dépassée, marée humaine, pressé de partout, ça pousse, ça piétine quel départ,…

 

 

Le rasta court en candidat libre, il n’a pas les moyens de se payer l’inscription ; jeudi matin il était encore dans les champs occupé a couper les cannes à sucre,…

 

 

-Début de parcours roulant à travers des champs de canne à sucre avant d’aborder la Route Forestière en montée progressive ; ensuite après quelques 15km, nous empruntons le GR qui monte vers le volcan.  Très vite, j’ai ressenti une gène aux ischio-jambiers de la jambe gauche, mais j’avais déjà eu cette gène à l’entraînement et je savais que ça n’allait pas durer ; effectivement quelques temps après, la gène avait disparue (petit stress quand même).

-1800m de D+ d’un coup sur 8km, ça y est, la course commence : racines, boue, marches, flaques, passages techniques,…difficile de dépasser.

Je monte donc tranquillement cette portion.

-Nous approchons du volcan, le jour se lève, magnifique lever de soleil, une mer de nuages recouvre le versant est de l’île, le terrain devient lunaire, roches volcaniques, cendres du volcan ; je prends pied sur les laves de la plaine des Sables, je suis pris par l’émotion.

 

31ème km, 07h22’ de course, 1281ème (le Volcan-Plaine des Sables 2320m, 2528mD+)

 

 

On découvre des paysages exceptionnels et on se découvre également des forces insoupçonnées.

 

 

-Je continue à monter vers l’Oratoire Sainte-Thérèse (2400m) qui, avant le détour forcé par le refuge du piton des Neiges, était le point culminant de la course.  J’éprouve quelques vertiges certainement du à l’altitude.

Je continue à m’hydrater correctement : 1 gorgée d’eau pure toutes les 10’ alternée avec une gorgée d’hydrixir ; je m’alimente toutes les heures, une barre énergétique ou un gel,…

Enfin, j’arrive à Mare à Boue.

 

50,4km, 10h53’ de course, 1245ème (Mare à Boue 1594m, 3010mD+)

 

-Dernière difficulté avant la mi-course et la base de vie de Cilaos : la montée au gîte du piton des Neige (2470m), pour ensuite basculer vers Cilaos et plonger dans l’enfer vert.

 

-Arrivée à la base de vie de Cilaos

 

67,2km, 18h28’ de course, 1387ème (Cilaos 1224m, 3974mD+)

 

On m’avait dit que le Grand-Raid commençait seulement à Cilaos, et malgré toutes les difficultés inhérentes à ce premier « semi », j’ai tenu bon et je ne me suis pas laissé aller à des idées négatives, les difficultés ne m’ont pas semblées insurmontables et c’est avec un bon mental et sans problème physique que je suis arrivé à ce point stratégique.

Je suis resté 02h20 à Cilaos ; j’ai récupéré un sac d’allègement, j’ai mis un peu d’ordre dans mes sachets de « glucide », dans mes barres et gels énergétiques ; je me suis bien hydraté et je me suis « payé » un spordej.

Dilemme : fallait-il oui ou non prendre du repos ?

De l’avais unanime, il y avait intérêt à se reposer, sans trop de confort, quelques peux, avant d’attaquer l’ascension du col du Taibit, 1160m de D+.  Je me suis donc étendu et j’ai fermé les yeux pendant 40’ (en ayant pris soin de régler l’alarme de ma montre) ; l’avenir me dira que ce n’était pas du temps perdu.

 

-Départ de Cilaos

 

20h48, 1246ème

 

-Avant d’emprunter le sentier du col du Taibit, nous devons d’abord descendre dans le cirque de Cilaos, puis remonter 240 de D+ pour nous retrouver au départ du sentier.

 

74,3km, 23h24’, 1188ème (1260m, 4356mD+)

 

-L’ascension, raide, est ponctuée de deux replats avant d’atteindre le col.  Je ne monte pas très vite ce col souvent désigné comme « juge de paix », je monte en moyenne à 6m/minute.  Je dois faire attention au quadriceps de la jambe droite, j’ai eu très peur d’avoir une crampe : « les quadriceps chauffent !!! », j’ai donc soulagé un peu ma jambe droite en forçant plus sur la gauche.

Petit à petit, la crainte est partie et j’ai pu progresser normalement.

L’absence de bâton se fait sentir.

Après le col, on amorce la descente parmi les acacias vers Marla.

 

80,5km, 27h02’ de course (03h02), 1148ème (Marla 1580m, 5306mD+)

 

-Les descentes étaient très traumatisantes pour les jambes ; heureusement, mes nombreuses heures d’entraînement et mes longues sorties avaient habitués mon corps et mon mental à encaisser, et je n’ai pas souffert de blessure (contractures, tendinites, claquages,…) ; beaucoup de raideurs étaient obligés de descendre en marche arrière car ils avaient de la tendinite aux genoux, tendinite due à mon avis principalement à une sous-hydratation (les tendons souffrant très vite d’un manque d’eau).  Ils fabriquaient des « tapes » avec de « l’élasto » pour soutenir leurs articulations.

Malgré tout, je n’ai pas pu travailler la spécificité du terrain surtout en ce qui concerne les descentes.  Si ma vitesse moyenne d’ascension verticale était de 6m/minute, ma vitesse moyenne de descente n’était que de 7m/minute.

Je manque cruellement de technique en descente ce qui me fait perdre énormément de temps ; je dois assurer chaque pas, je me fais dépasser par énormément de raideurs qui posent à peine le pied au sol, ne glissent pas et descendent 3 fois plus vite que moi.  J’essaie de rester accroché à des « wagons » de compagnons qui descendent à bon rythme, mais cela me demande une extrême concentration surtout la nuit.

Le terrain est souvent très technique et dans l’obscurité insuffisamment transpercée par la lumière de ma petzel, je dois bien souvent lever le pied.

 

88,6km, 31h30’ de course (07h30’), 1087ème (Roche Plate 1095m, 5693mD+)

 

-La remontée à La Nouvelle par le Col Bronchard

Escaliers, passerelles, descentes très abruptes, délicates : !prendre les mains courantes !, GR aérien, la fatigue fait que les pas se font moins sûrs, on a difficile de garder son équilibre, on titube,…

Franchir la Rivière des Galets; le soleil tape déjà très fort, il y a peu d’ombre, je profite de la rivière pour m’asperger d’eau le visage et la nuque, cela fait un bien fou.

Remonter des énormes blocs de rocher, de nouveau une échelle qui nous permet de sortir de la rivière.

-Nous attaquons la montée à La Nouvelle, composées essentiellement de hautes marches.  Cette montée prend un temps fou, j’ai peur d’être à court d’eau, je me rationne, je ne bois plus que toutes les 15, 20 minutes, je constate que l’eau ne m’hydrate plus, elle disparaît immédiatement en transpiration ; seul mon hydrixir, continue à m’hydrater, je sens littéralement ce breuvage me faire du bien.

A posteriori, je pense que je devrais mettre des solutions glucidiques isotoniques dans mes deux bidons, je serais hydrater correctement, et j’aurais l’avantage de prendre plus de glucide !

J’ai peur de l’insolation et de la déshydratation ; mes urines sont beaucoup trop foncées à mon goût.  125 de pulsations, je suis calé en endurance, je continue à monter, et enfin, nous rejoignons La Nouvelle.

 

 

Nous sommes dans Mafate, point de non retour



A suivre...



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